Qui sont les Corinthiens ?
A l’époque de Paul, Corinthe est une colonie romaine prospère, refondée par Jules César en 44 av. J-C. L’agglomération compte un peu moins de 50’000 habitants quand Paul y séjourne. La ville est célèbre pour son forum, son théâtre et l’Acrocorinthe. Capitale de la province d’Achaïe, des deux côtés du golfe de Corinthe. L’isthme qui fait la liaison avec le Péloponèse est le passage obligé entre le Moyen Orient et Rome, pour éviter les tempêtes hivernales.
Carrefour logistique et économique très important, les habitants proviennent de toute la méditerranée orientale. Les juifs y ont un rôle particulier par leurs relations internationales, leurs talents commerciaux et leur spiritualité. Ils influencent largement ceux qui aspirent à une religion plus éthique que les cultes gréco-romains.
La Synagogue et la communauté juive accueillent non seulement les israélites, mais aussi «les craignant Dieu», pas encore convertis, pour autant qu’ils respectent les us et rituels traditionnels. Les adeptes du Rabbi de Nazareth qui sont de passage, comme Paul, convertissent de plus en plus de fidèles. Ils «font le Sabbat» et se retrouvent après pour un repas eucharistique… d’où la coutume de la Cène/Eucharistie à la fin de la messe/du culte !
Il est bien évident que tout n’est pas réglé par le «bon sens», qui n’est jamais un «sens unique», mais toujours dans le sens de celui ou ceux qui prétendent avoir la priorité ou le pouvoir.
La période des voyages et missions de Paul est remplie de polémiques à propos de la légitimité des intervenants qui “raisonnent comme des cymbales retentissantes. “Même avec le don de prophétie, la science de tous les mystères et de toute la connaissance, en professant la foi la plus totale, celle qui transporte les montagnes, s’il leur manque l’amour, ils ne sont rien”.
Paul demande un peu de respect aux personnes qui souhaitent rejoindre les judéo-chrétiens, quelles que soient leurs origines et quelles que soient leurs traditions religieuses . Il a prêché et écrit aux Galates qu’ils étaient “appelés à la liberté” : Cela ne signifie pas qu’on peut faire n’importe quoi : «je suis libre de penser ce que je pense, et tu es libre de penser autrement. Si cela pose problème je te respecterai avec la bienveillance qui fonde mes convictions»
(voir 1 Co.8:9 : le respect des autres fidèles»).
La «Liberté des enfants de Dieu» n’implique pas de faire n’importe quoi, si les Corinthiens souhaitent maintenir la cohérence de leur communauté judéo-chrétienne (pour encore quelques années: La séparation sera effective après la destruction du Temple de Jérusalem en 70).
Bernard van Baalen