«Au Nom du Père, du Fils, et du Saint Esprit, Amen.»
Un témoignage personnel qui n’est pas directement lié au texte de 1 Cor 13, mais les temps de prières du «kit» vont sans doute susciter cette phrase réflexe de la tradition.
Nous avons dans notre pratique de prière une référence récurrente à la «trinité», un terme qui ne veut rien dire pour nos contemporains, (sauf si on pense que c’est le “mot de passe” pour atteindre les oreilles divines). C’est un concept dogmatique, historiquement compréhensible au 4e siècle, qui en avait besoin pour la paix oecuménique. Un concept obscur pour le 21e, quand elle est invoquée comme pieuse ouverture ou clôture de la prière, les yeux au ciel et les mains jointes, (pour ne pas prendre le sujet à deux mains et son courage dans l’autre.)
Dieu, je comprends, même si j’ai un doute fondamental sur son être impossible à concevoir.
Le Saint Esprit peut se manifester selon le bon vouloir de celui qui l’invoque, même s’il est malséant dans la bouche de JD Vance, Donald Trump ou son chef de guerre Pete Hegseth, par ailleurs pasteur ordonné par une dénomination américaine dont la confession de foi est plus MAGA que conforme à Nicée-Constantinople.
Le titre de « Fils de Dieu » est encore une figure de style que je reconnais comme « performante » pour parler de Jésus sans approfondir et alourdir la conversation… Car nous sommes tous « Fils et Filles de Dieu » (ou « Fils de l’Homme » à l’image de Dieu), mais il faut bien reconnaître que parler du Fils de Dieu, en parlant de Jésus de Nazareth, en lui attribuant exclusivement ce titre, ferait encore rigoler les aréopagites qui se sont moqué de Paul qui l’annonçait ressuscité à Athènes.
Le rabbi de Nazareth ne s’est jamais pris pour le rejeton exemplaire de la divinité, et quand il se réfère à son « Père », c’est au créateur générique originel qu’il se réfère, (et naturellement pas à Abdes Pantera, son géniteur maladroit avec Maryam, 30 ans plus tôt).
Notre problème en tant que chrétien, est de rendre pertinent une référence éthique irréfutable comme les « Dix Paroles », prêchées par le Rabbi de Nazareth pour faire advenir ce que nous avons la coutume (maladroite) d’appeler le « Royaume de Dieu »… sans nous prendre les pieds dans le tapis d’inepties dogmatiques élaboré par les théologiens, qui ont toujours voulu justifier et accréditer le messager plutôt que le message.
Sûr que Jésus est “génial”, mais cela ne suffit pas de dire “Jésus », »Jésus », »Jésus », pour faire avancer le schmilblick. Si les affamés ont toujours faim, les pauvres toujours pauvres, les malades toujours mal soignés, les riches toujours plus riches et “les autres” toujours plus discriminés.
La référence est inopportune et incohérente : je vois trop souvent des « chrétiens » qui sont plus préoccupés par leur propre « vie éternelle » que par leur prochain. L’au-delà de la vie m’est totalement égal, cela ne m’intéresse pas: Je ne verrai jamais la gare souterraine de Cornavin, vu mon âge, et c’est très bien comme ça…
Bernard van Baalen