Camp 2026 : L’Amour, la Foi et l’Espérance
Article de Bernard van Baalen « Des convictions avec l’espérance et l’amour. » sur les trois vertus théologales :
Blog-CBOV-26-Les-3-vertus-theologales.pdf
Avec ce que tu as reçu, deviens ce que tu es (gravure de Bernard van Baalen) :

Des convictions avec l’espérance et l’amour.1
Dans cette lecture des textes du second testament, j’ai privilégié ce qui était essentiellement éthique, et propre a une mise en pratique, sans avoir recours aux «récompenses divines» et en appliquant, comme Jésus le recommande, les principes des «Dix Paroles» avec un «amour» qui oriente notre regard et la prise de nos décisions.
Le développement des croyances est évidemment associé avec celui de la sociabilisation et à l’évolution de la réflexion autour des manifestations de la nature. Les textes bibliques nous racontent les tribulations des croyants et leurs diverses confrontations avec l’idée du «divin». Ils sont souvent surpris par les événements attribués à un dieu dont ils ne comprennent pas les objectifs, ou pire son absence.
Nous y découvrons les processus de domination et de contrôle des humains pour «garder le pouvoir» dans les familles, les tribus, voir les royaumes.
Les «interprètes du spirituel» sont en relation avec ce qu’ils ont défini comme des divinités créatrice du monde et garantes de leur autorité et de leurs décisions.
Jésus de Nazareth, par sa perception d’une réelle pertinence de spiritualité libératrice, va mettre a mal les convictions de ses contemporains – et les nôtres – en proclamant la liberté des «Enfants de Dieu» (Mat 5:9) .
Les rituels et les traditions religieuses rassemblent ceux qui partagent les mêmes sentiments,les mêmes expériences, les mêmes croyances.
Leurs pratiques perpétuent les sources de leurs spiritualité que Jésus de Nazareth met en questions pour rendre cette confiance en un Dieu pertinente et praticable.
1 Attention, ce texte est subversif !
Table des matières
Des convictions avec l’espérance et l’amour……………………………………………………………………….1
1 L’histoire de «la foi» …………………………………………………………………………………………………………3
La «foi en Dieu» ……………………………………………………………………………………………………………..3
Expliquer ce que tout le monde peut voir…………………………………………………………………………….4
L’expérience humaine ……………………………………………………………………………………………………..4
Dans le monde grec…………………………………………………………………………………………………………5
L’énigme de l’au delà………………………………………………………………………………………………………..5
L’intuition des nomades pour une autre forme de spiritualité…………………………………………………5
La «naissance d’un divin»…………………………………………………………………………………………………6
Chassez le naturel il revient au galop : ………………………………………………………………………………6
Il faut mettre la «confiance» à la place de «la foi»………………………………………………………………..6
Foi statique ou confiance dynamique ?……………………………………………………………………………….7
Justement non, on a pas toujours dit de faire «comme ça !»…………………………………………………7
La mort comme passage d’un état à un autre sous l’oeil d’un juge…………………………………………9
Nous ignorons tout de l’origine de LA VIE. ………………………………………………………………………..10
Le paradoxe de la foi et de la confiance……………………………………………………………………………10
La confiance c’est aussi savoir que nous sommes porteurs de LA VIE, et donc l’espérance est
notre perspective……………………………………………………………………………………………………………10
2 L’Espérance La religion avec foi et amour………………………………………………………………………..11
Jésus est un juif ordinaire invité à lire à la synagogue Luc 4:16-21……………………………………….11
Quelle est votre espérance ?……………………………………………………………………………………………11
Est-il question d’éternité Mat 20 :20-28 ?…………………………………………………………………………..12
La «Bonne Nouvelle» fondement de «l’Espérance»……………………………………………………………12
«L’Espérance» singulière est un programme collectif………………………………………………………….13
les consignes aux disciples Mat 10:5-7:…………………………………………………………………………….13
C’est dans la durée que s’inscrit l’«Espérance»…………………………………………………………………14
Il y a les traditions «religieuses» ……………………………………………………………………………………..14
Les rituels et les liturgies…………………………………………………………………………………………………15
L’espérance et la confiance permettent le partage des objectifs…………………………………………..16
Ils ont pourtant une espérance commune :………………………………………………………………………..16
L’espérance chrétienne est problématique dans le discours chrétien :………………………………….16
La confrontation avec une laïcité rugueuse……………………………………………………………………….16
Les pièges du «littéralisme»…………………………………………………………………………………………….17
L’espérance est dans la mission et pas dans le texte :………………………………………………………..17
3 Les termes grecs pour traduire les notions d’Amours………………………………………………………….18
L’amour charité ……………………………………………………………………………………………………………..18
Le regard de Jésus : Marc 10:17-23…………………………………………………………………………………18
« le disciple que Jésus aimait » Jean 13:21-28…………………………………………………………………19
Un commandement nouveau Jean 13:34-35……………………………………………………………………..19
Lévitique 19:17-18 une référence pour Jésus……………………………………………………………………19
Un piège de légiste Mat:22: 36 :……………………………………………………………………………………….19
Le samaritain Luc 10:30-37……………………………………………………………………………………………..20
La femme accusée d’adultère Jean 8:2-11……………………………………………………………………….20
Les circonstances et la réalité : Pas seulement en théorie :Mat 22: 23………………………………..21
La relation controversée de Jésus avec une samaritaine Jean 4: 8 ……………………………………..21
4 Danger. De l’usage abusif de «l’amour» ………………………………………………………………………….22
Il excuse tout, il croit tout, il espère tout, il endure tout :……………………………………………………..22
Vraiment ?……………………………………………………………………………………………………………………22
5 Des conséquences pratiques par l’exemple :………………………………………………………………………23
Les ouvriers de la 11e heure……………………………………………………………………………………………24
6 La mise en pratique des «Dix Paroles» avec charité…………………………………………………………..25
Cela touche aussi l’économie et les finances: Mat 25 : 14-30………………………………………………25
Pour un commerce équitable en respectant ses clients : Luc 16:1-13…………………………………..26
Dans la vie quotidienne : Mat 25:32-46 ……………………………………………………………………………27
Mat 5:43-49 Et moi, je vous dis………………………………………………………………………………………27
ἀγάπη / agapè C’est l’interaction humaine avec charité………………………………………………………27
la recommandation est de mise dès le début de l’Église ……………………………………………………28
1 Pierre 3: 8- 17……………………………………………………………………………………………………………..28
Annexes …………………………………………………………………………………………………………………………..29
1 Rappel du texte 1 Cor 13:1-13 ……………………………………………………………………29
2 Et vous qui dites vous que «je suis» ?…………………………………………………………………………….30
3 L’artiste protestant nous offre une espérance musicale :……………………………………………………..32
1 L’histoire de «la foi»
Il est assez courant d’entendre des écrivains, des artistes, des voisins nous dire en commentant un paysage ou dans un monument historique ou moderne : «Je n’ai pas la foi, je regrette, ce serait plus facile…»
C’est quoi, «la foi» ? Il y a wikipedia pour répondre et l’IA pour approfondir. Je vais ici vous proposer une autre approche de ce terme qui provient du mot latin FIDES aussi traduit par «confiance» j’y reviendrai plus bas.
Dans le sens large et le plus habituel, «la foi» enveloppe toutes les croyances de type religieuse ou spirituelles Elle se manifeste par des comportement, des pratiques et des observances qui ressortent du surnaturel, de l’expérience mystique.
La «foi en Dieu»
peut recouvrir diverses conceptions du divin, raisonnable, ou déraisonnable2, souvent échappant à toute logique philosophique, mais cependant structurante pour celui qui y croit. La foi guide aussi bien Jeanne d’Arc que Donald Trump, mais de toute évidence, ce n’est pas la même, Quoi que l’expulsion des anglais du Royaume de France et des latinos des USA partent du même «bon sentiment» pour leurs «folowers».
J’évoque souvent la foi en parlant de l’horaire des bus : Cela ne vous engage à rien, mais vous êtes bien obligé d’y croire si vous souhaitez arriver à destination à temps.
Si vous croyez que la terre est plate, c’est définitivement une question de foi, et si c’est votre conviction ou votre opinion, attention quand vous arriverez au bord !
Si vous croyez que vous devez toucher du bois avant de vous aventurer dans une démarche ou un projet, cela tient plus du «toc» que de la foi. Si vous espérez que ce soit efficace, surtout ne vous en privez pas : Si cela ne fait pas de bien, cela ne fait pas de mal… et «cela ne mange pas de pain».
Dans l’approche judéo-chrétienne issue de la tradition philosophique gréco-romaine, pour citer la plus évidente3, la foi concerne la croyance en une divinité, avec des rituels et des dogmes. Elle est à l’origine du monde Elle en a déterminé l’organisation et l’évolution. Le début se situe entre le «Big Bang» et 4000 ans avant J.-C.
Selon votre foi en la science ou dans la «théologie». Vous avez de la marge.
Expliquer ce que tout le monde peut voir.
Nous pouvons admettre sans trop nous tromper que les humains se sont interrogés très tôt su le devenir» de ce qu’ils considéraient comme «advenu» observable, mais encore inexplicable.
Les premières sépultures organisées en témoignent, avec les premiers rituels qui les accompagnent. Des rituels qui ne sont du reste pas propres aux humains, et qu’on observe chez quelques animaux surprenants, comme les éléphants qui rendent visite aux membres du troupeau morts lors d’une migration précédente.
La question est toujours : Pourquoi c’est comme ça et pas autrement… ou comment éviter qu’autrement soit plus problématique ?
C’est là qu’interviennent les «interprètes» de l’inexplicable. Ce sont des «sages» qui observent les signes de la nature, le mouvement des astres , les catastrophes naturelles, les inondations périodiques4 ou les moussons d’Asie du Sud.
Assez tôt dans l’évolution des sociétés primitives, il y a eu «ceux qui savaient» et ceux qui ne savaient pas. Ils cherchaient a vivre au mieux les situations dans lesquelles ils se trouvaient :
Prévoir le cycle des saisons pour la chasse et la cueillette, puis pour l’agriculture.
Comment se protéger des errements du ciel, des trombes d’eau ou des sécheresses, du feu de forêt et des tempêtes.
L’expérience humaine
a certainement fait le lien entre ce que l’homme et la femme réalisent et les résultats obtenus, parfois des succès parfois des échecs. «Ceux qui savent» ont interprété les conséquences des événements et ont imaginé une organisation cosmique anthropomorphique, ou proche, même si elle était animiste. Le ours ont été respectés comme des figures divines par les néandertaliens qui partageaient leurs abris.5
L’humain façonne la pierre et la terre, taille le bois, creuse le sol, ne serait-il pas à «l’image de Dieu» ? Des «dieux» puisque, apparemment chez les voisins, ce sont pas les mêmes…
La construction de lieux de cérémonie, de temples, de sépulture permettent d’identifier son ancrage sociétal, tribal, ethnique, linguistique : Il y a «nous» et «ceux qui ne sont pas comme nous».
Les «druides» de la tradition celtique n’avaient pas d’autre pouvoir que celui de la connaissance, ils laissaient aux chefs de guerre le soin de diriger les tribus. Ailleurs les chefs de guerre se sont arrogés des pouvoirs qui leur permettaient de soumettre leurs contemporains à leurs bons (ou mauvais) vouloirs.
Très tôt les chefs se sont désignés comme choisis, voir engendrés par la divinité référence, et ont organisé les rituels pour s’en assurer les bénéfices. Il faut «penseret croire juste» pour rester dans la société… il faut avoir la foi dans son organisation et ses forces pour survivre. Il «faut croire» comme tout le monde pour ne pas être expulsé dans la nature hostile…
Dans le monde grec
Le Mont Olympe devient la demeure des dieux et Zeus en est l’héritier, fils de Chronos et Rhéa, car il doit bien avoir un papa et une maman, faut tout expliquer aux enfants !
Cela devient aussi le modèle de vie, ou est-ce la vie quotidienne qui devient le modèle pour les relations entre les dieux ?
Le fonctionnement des divinités varie d’une civilisation à l’autre, mais en général, c’est plutôt le modèle «marionnettiste»6 qui est privilégié.
Avec les rituels codés, l’humain demande aux Dieux de réaliser ses aspirations collectives et individuelles, de l’inspirer dans ses décisions et surtout, essentiellement de lui assurer un au-delà de la mort aussi moelleux que possible.
Des parcours de survie s’instituent, avec épreuves, privations et récompenses à aborder avec la meilleure connaissance possible, surtout en déchiffrant les hiéroglyphes des sépultures égyptiennes, ou le «livre des morts» tibétain.
L’énigme de l’au delà.
C’est une constante depuis la caverne de l’ours jusqu’au 21e siècle : la question de l’au delà de la vie conditionne les croyances et donc «la foi» des humains.
Les interprètes du religieux l’ont bien compris en monnayant leurs conseils ou leurs pouvoir iscrétionnaire pour accéder au «paradis» à «la vie éternelle» a «la vie en présence des dieux», au plafond de la chapelle Sixtine par exemple.
Si vous avez la «foi» dans ce contexte, il faut bien vous débrouiller avec votre sentiment d’incomplétude, votre faillibilité, votre culpabilité, et vos douleurs articulaires. Mais une chose est certaine, vos douleurs psychiques ou physiques ne sont d’aucune utilité une fois votre dernier souffle expiré.
L’intuition des nomades pour une autre forme de spiritualité.
Les lecteurs de la Bible ne sont pas surpris de découvrir que les hébreux nomades ont eu un problème encombrant dans tous les sens du terme. Vivants dans des contextes incertains, nomadisant entre les fleuves de Mésopotamie, la péninsule arabique et le Nil, ils n’avaient pas de «lieu saint» particulier, sinon en empruntant ceux qui se trouvaient sur leurs parcours. Comme tous les peuples nomades ils étaient les habitants de «toute la terre» et pour la peupler ils descendaient directement de la bonne volonté de la «VIE» qui planait au dessus des eaux…
Ils n’avaient pas de temple, pas de statue divine, cela les handicapait dans les relations avec les peuples sédentaires : Les comparaisons et les négociations étaient difficiles. Comment manifester que «Mon Dieux» est plus fort que le tien ?
Les «hébreux» ont fait quelques tentatives de faire comme tout le monde : L’épisode du Veau d’or7 contesté par Moïse, le «temple» de camping8, et finalement (hélas)l’édification du «Temple de Jérusalem» attribué à Salomon, sur un site Jébusien préexistant en sont le témoignage.9
La «naissance d’un divin»
Au cours des siècles, comme le racontent les livres bibliques rassemblés entre 600 et 300 avant J.-C, les prophètes, garants de la conformité de la règle Mosaïque, se sont efforcés de rendre la référence divine insaisissable, pour ne pas s’encombrer d’un poids ingérable.
D’abord avec un nom dont nous avons perdu les voyelles «YHWH», avec sa parèdre Ashera, assez vite expulsée de sa famille.10 monothéisme oblige..
L’histoire mouvementée de la région, les envahisseurs et les guerres d’occupations et de déportations, et finalement la destruction du Temple de Jérusalem a nécessité une nouvelle orientation de la spiritualité et de nouvelles règles fondamentales :
Comme les sacrifices n’étaient plus possible dans le Temple de Jérusalem, les rituels en exil se sont concentrés sur les textes de la Bible. Leur étude et le respect des «Dix Paroles» qui ne sont pas des «commandements» mais des recommandations pour vivre au mieux dans ce monde, à toutes les époques.
Chassez le naturel il revient au galop :
Le respect de la «loi» qui découle des textes de la Torah devient une prison pour la liberté de penser et conduit à des aberrations comme la sanctification du texte.
Vous en avez les échos dans les Évangiles : L’histoire du Samaritain qui fait ce que ni le prêtre ni le lévite n ‘ont fait pour aider un blessé. La femme accusée d’adultère et libérée par Jésus de Nazareth, le dialogue avec la samaritaine du puits de Jacob, ou la femme syro-phénicienne de Sidon et son petit chien…
Le rabbin non conforme qu’est Jésus de Nazareth rappelle ce qui est fondamental pour ne plus avoir peur de la mort et vivre libre, sans les contraintes des rituels et des obéissances absurdes.
Il faut mettre la «confiance» à la place de «la foi».
En latin et en grec, c’est le même mot, mais en pratique c’est très différent :
Comme nous l’avons vu jusqu’ici la «foi» recouvre un ensemble de croyances et de pratiques qui devraient être indispensables pour affronter la réalité ici et maintenant jusqu’au delà de la vie. Il faut échapper au jugement divin, abondamment argumenté par les religieux avides de pouvoir et de domination.11
Jésus de Nazareth vous propose un mode de penser la vie autrement : «N’ayez pas peur» «vous êtes libres» votre seul règle est «LA VIE», pas la survie, la vie.
Si vous faites le nécessaire pour la protéger autour de vous, de la respecter, alors vous n’avez rien à craindre. Faites confiance à «la vie» qui est au milieu de vous comme le répète Jésus de Nazareth : «Je suis le chemin la vérité et la vie»… «JE SUIS» le nom même que le buisson dit à moïse pour identifier l’auteur des «dix Paroles». Il l’a communiqué a un peuple qui aura de la peine à l’admettre.
Paul, le «manager scripturaire» du christianisme naissant, nous le rappelle dans la lettre aux Galates : Vous êtes libres si vous vous conformez aux règles proposées par Jésus de Nazareth. Non pas à cause de votre «foi» en lui, mais à cause de la conviction que vous avez que ses paroles sont pertinentes. En conséquence vous êtes appelés à rendre la liberté accessible autour de vous.
Foi statique ou confiance dynamique ?
La foi en «Dieu-Zeus» et toutes ses conséquences de dépendances liturgiques et dogmatiques ne sont pas vraiment «crédibles» au 21e siècle. Ceci d’autant plus que cette conception de la «foi chrétienne» est instrumentalisée comme un bloc conceptuel qui défini ceux qui sont dedans et ceux qui sont en dehors, ceux qui sont purs, et ceux qui sont impurs, les «comme nous» et les «pas comme nous».
Les «observants-pratiquants» adoptent les conventions de la société, ses hiérarchies et ses organigrammes. Les attributs de la notabilité montrent qui est le chef, qui sont les porteurs de la vérité garantie par Dieu à travers les ordres du chef.
Le costume et les objets symboliques, sceptres, globes, couronnes, chasubles et ornements mobiliers sont autant des oeuvres d’art que de pouvoir.
Le trône du plus grand palais devient le siège du chef, et le trône céleste celui du dieu à son image. Le manque de respect implique la perte de la tête du contestataire chez les plus convaincus, pour ne pas dire les plus fanatiques.
Des lieux «sacrés» sont adaptés12 à la religion majoritaire et transmis de générations en générations : Paray le Monial, Taizé13, St Jacques de Compostelle, Rome.
La pérennité du système devient l’impératif absolu. Les dogmes sont «éternels» et ses références soigneusement consignées par les juristes et théologiens, dûment approuvés et adoubés par le pouvoir suprême, «Aux siècles des siècles».
«On a toujours fait comme ça ?»14
Justement non, on a pas toujours dit de faire «comme ça !»
Si la «foi» dans les dogmes et dans les rituels des religions a son utilité pratique, j’y reviendrai plus loin, la confiance est une autre manière de conformer sa pratique aux exigences de «LA VIE», de manière plus dynamique et ajustable aux
circonstances et à l’environnement social ou politique.
Comme le relevait Paul dans sa lettre aux Galates, nous avons été rendus libres des contraintes du religieux. Les philosophes de l’époque le suggéraient aussi, Stoïciens et Epicuriens. Jésus lui même l’a exprimé comme le rapporte Mat.23.:
1Jésus s’adresse aux foules et à ses disciples : 2 « Les scribes et les
Pharisiens siègent dans la chaire de Moïse : 3 faites donc et observez tout ce
qu’ils peuvent vous dire, mais ne vous réglez pas sur leurs actes, car ils disent
et ne font pas. 4 Ils lient de pesants fardeaux et les mettent sur les épaules des
hommes, alors qu’eux-mêmes se refusent à les remuer du doigt. 5 Toutes leurs
actions, ils les font pour se faire remarquer des hommes. Ils élargissent leurs
phylactères et allongent leurs franges. 6 Ils aiment à occuper les premières
places dans les dîners et les premiers sièges dans les synagogues, 7 à être
salués sur les places publiques et à s’entendre appeler “Maître” par leshommes. 8 Pour vous, ne vous faites pas appeler “Maître”, car vous n’avez
qu’un seul Maître et vous êtes tous frères. 9 N’appelez personne sur la terre
votre “Père”, car vous n’en avez qu’un seul, le Père céleste15. 10 Ne vous faites
pas non plus appeler “Docteurs”, car vous n’avez qu’un seul Docteur, le Christ.
11 Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. 12 Quiconque s’élèvera sera
abaissé, et quiconque s’abaissera sera élevé.
13 Malheureux êtes-vous, scribes et Pharisiens hypocrites, vous qui fermez
devant les hommes l’entrée du Royaume des cieux ! Vous-mêmes en effet n’y
entrez pas, et vous ne laissez pas entrer ceux qui le voudraient !
Jésus de Nazareth se réfère sans doute au livre d’Amos (5) le prophète qui proclame cette curieuse affirmation de la part de YHWH :
21 Je déteste, je méprise vos pèlerinages, je ne puis sentir vos
rassemblements,
22 quand vous faites monter vers moi des holocaustes; et dans vos offrandes,
rien qui me plaise; votre sacrifice de bêtes grasses, j’en détourne les yeux; 23
éloigne de moi le brouhaha de tes cantiques, le jeu de tes harpes, je ne peux
pas l’entendre.
24 Mais que le droit jaillisse comme les eaux et la justice comme un torrent
intarissable !
Décidément, avoir «la foi» standard n’est pas vraiment «utile» …
Il y a cette autre histoire attribuée aux relations de Jésus avec ses contemporains
pas très «juifs» : (Luc 7:9 et Mat 8:10 )
1 Quand Jésus …entra dans Capharnaüm. 2 Un centurion avait un esclave
malade, sur le point de mourir, qu’il appréciait beaucoup. 3 Ayant entendu
parler de Jésus, il envoya vers lui quelques notables des Juifs pour le prier de
venir sauver son esclave. 4 Arrivés auprès de Jésus, ceux-ci le suppliaient
instamment et disaient : « Il mérite que tu lui accordes cela, 5 car il aime notre
nation et c’est lui qui nous a bâti la synagogue.16 » 6 Jésus faisait route avec
eux et déjà il n’était plus très loin de la maison quand le centurion envoya des
amis pour lui dire : « Seigneur, ne te donne pas cette peine, car je ne suis pas
digne que tu entres sous mon toit. 7 C’est pour cela aussi que je ne me suis
pas jugé moi-même autorisé à venir jusqu’à toi ; mais dis un mot, et que mon
serviteur soit guéri. 8 Ainsi moi, je suis placé sous une autorité, avec des
soldats sous mes ordres, et je dis à l’un : “Va” et il va, à un autre : “Viens” et il
vient, et à mon esclave : “Fais ceci” et il le fait. » 9 En entendant ces mots,
Jésus fut plein d’admiration pour lui ; il se tourna vers la foule qui le suivait et dit
: « Je vous le déclare, même en Israël je n’ai pas trouvé une telle foi. » 10
Et de retour à la maison, les envoyés trouvèrent l’esclave en bonne santé.
Ici, il n’y a pas de référence à un culte ou à une divinité, qu’elle soit romaine ou
hébraïque, il y a seulement la confiance dans une parole : un principe performateur de salut ici et maintenant.
La loi/foi du soldat romain est l’obéissance aux principes du fonctionnement de son cadre de vie, en l’occurrence, l’armée. Pour Jésus de Nazareth, c’est le respect des Dix Paroles, et de son interlocuteur qui prime, même si c’est jour de Sabbat …
Luc 6 :1 Or, un second sabbat du premier mois, comme il traversait des
champs de blé, ses disciples arrachaient des épis, les frottaient dans leurs
mains et les mangeaient. 2 Quelques Pharisiens dirent : « Pourquoi faites-vous
ce qui n’est pas permis le jour du sabbat ? » 3 Jésus leur répondit : « Vous
n’avez même pas lu ce que fit David lorsqu’il eut faim, lui et ses compagnons ?
4 Comment il entra dans la maison de Dieu, prit les pains de l’offrande, en
mangea et en donna à ses compagnons : ces pains que personne n’a le droit
de manger, sauf les prêtres et eux seuls ? » 5 Et il leur disait : « Il est maître du
sabbat, le Fils de l’homme17. » 6 Un autre jour de sabbat, il entra dans la
synagogue et il enseigna ; il y avait là un homme dont la main droite était
paralysée. 7 Les scribes et les Pharisiens observaient Jésus pour voir s’il ferait
une guérison le jour du sabbat, afin de trouver de quoi l’accuser. 8 Mais lui
savait leurs raisonnements ; il dit à l’homme qui avait la main paralysée : «
Lève-toi et tiens-toi là au milieu. » Il se leva et se tint debout. 9 Jésus leur dit :
« Je vous demande s’il est permis le jour du sabbat de faire le bien ou de faire
le mal, de sauver une vie ou de la perdre. » 10 Et les regardant tous à la
ronde, il dit à l’homme : « Étends la main. » Il le fit et sa main fut guérie. 11 Eux
furent remplis de fureur et ils parlaient entre eux de ce qu’ils pourraient faire à
Jésus.
Le rabbi de Nazareth, fort de ses convictions, exprime sa confiance en «la vie» qui ne dépend pas de l’observation de règles de rituels ou de croyance, mais de la nécessité fondamentale de la préserver.
La mort comme passage d’un état à un autre sous l’oeil d’un juge.
Nous avons vu que le besoin de «faire juste» pour passer sans encombre l’étape de la mort a été de tout temps un souci pour le genre humain. Les images de la balance avec l’âme d’un côté et la plume de l’autre garnissent les murs des sanctuaires. Le regard scrutateur du président du jugement dernier nous déstabilise. Nous tentons d’y remédier avec les psychologues, et parfois les ecclésiastiques, qui vos accordent l’indulgence nécessaire.18
De notre vivant, nous avons bien conscience de nos manquements et ils nous tourmentent jusqu’à expliquer nos souffrances physiques considérées comme un avant goût de la punition divine.
Nous avons aussi appris que notre culpabilité est un sentiment normal, si elle a un fondement dans la réalité. Les tribunaux sont parfois là pour en estimer le poids, et la punition qui en résulte. A la fin le coupable est réputé avoir «payé sa dette».
La confiance que nous avons dans les Paroles de Jésus de Nazareth nous rend libres de ces craintes : Ce qui est passé est dans le passé. Ce que nous vivons dans le présent est une chance pour l’avenir. Nous en apprécierons la perspective dans le chapitre sur «l’espérance».
Aucun des manquements aux règles de la religion n’a d’importance au moment de notre dernier souffle. Sauf ceux que nous nous infligeons à nous mêmes en raison du dévoiement de «la foi» par ceux qui tentent de nous contrôler jusqu’au bout.
Les massacres des guerres de religion, et les exactions des Talibans de toutes les époques n’ont rien à voir avec le destin post-mortem des victimes, même munies du «saint-sacrement» requalifié «sacrement des malades».
Notre «Fin de vie» n’a rien à voir avec «les Dieux» qu’ils soient bienveillants ou vindicatifs.
Nous ignorons tout de l’origine de LA VIE.
Elle nous a été confiée pour en faire le meilleur usage, même maladroitement, – mais cela se corrige. Et un jour elle nous quitte aussi mystérieusement qu’elle nous a été donnée. Elle est ce que les hébreux et le rabbi de Nazareth ne nomment pas :
«YHWH» si vous voulez… mais là c’est déjà un «article de foi»…
Le paradoxe de la foi et de la confiance.
«Ces trois choses demeurent, la foi/confiance, l’espérance et l’amour» nous écrit Paul aux Corinthiens.
Il y a collision entre «foi» et «confiance» comme nous l’avons constaté jusqu’ici.
Prétendre «ne pas avoir la foi» ne handicape personne objectivement. «Avoir la foi» permet de croire que cela ira mieux si j’y adhère pleinement – ce qui est toujours difficile disent les contrôleurs du dogme. Avoir la foi dans les méandres spirituels du christianisme permet certainement de survivre à bien des épreuves, quand nous avons «confiance» dans ce que la religion nous propose. Mais il n’y a aucune obligation.
La religion chrétienne19, a servi de véhicule aux «Dix Paroles», pratiquées de manière exemplaire par Jésus de Nazareth. Elles sont transmises par les canaux maladroits des églises qui ont fait ce qu’elle croyaient devoir faire pour que le «message» passe.
Les théologiens ont permis aux paroles de libération de parvenir au 21e siècle !20 Ils nous font découvrir scientifiquement les manipulations qu’ont subies les traditions. Les croyants les imaginaient écrites par Dieu, au moins inspirées ou dictées par le divin. Nous avons de ce fait pu relativiser la «sainteté» des livres sacrés, et apprendre comment ils ont été mis en forme pour répondre aux impératifs du moment : Les 4 évangiles, le dogme de la trinité, la résurrection des morts, etc.
La «foi» dans les traditions chrétiennes a permis la transmission du «message», en l’explicitant avec des paraboles, des exemples et des références.
Mais l’essentiel est «le message» transmis par Jésus, qui a transformé notre perception de la spiritualité pour la rendre accessible et efficace. Il n’y a aucun mystère…
La confiance c’est aussi savoir que nous sommes porteurs de LA VIE, et donc l’espérance est notre perspective.
2 Inexplicable par la raison…
3 Mais il y en a d’autres plus anciennes : Mésopotamiennes, Egyptienne, Indiennes, animiste…
4 Le Nil, l’Amazone, et sans doute «le déluge» resté dans les mémoires des lointains ancêtres. Ceux de la grotte Cosquer, une grotte ornée sous-marine unique découverte en 1985 dans le massif des Calanques, près de Marseille dont l’accès se situait au niveau de la mer… 60 mètre plus bas qu’actuellement.
5 Voir les références ours et préhistoire sur les sites internet.
6 Pour faire bref !
7 sans doute seulement la tête
8 L’arche de l’alliance cf Thomas Rohmer dans quelques publications du Collège de France
9 Id, Thomas Romer.
10 Toujours le besoin de savoir enfantin : Qui sont-ils, est qu’ils ont aussi un papa et une maman …Il faudra attendre
le 3e siècle après J.-C. Pour s’assurer que YHWH est bien le père de Jésus de Nazareth par un miracle de la foi…
11 Je vous ai averti, cet article est subversif !
12 «Christianisé», souvent autrefois des lieux telluriques reconnus par les religions antérieures.
13 Depuis 1945
14 Sauf qu’à chaque Concile, la tradition est modifiée et les dogmes adaptés.
15 Je préfère le terme «Originel» Sinon nous allons faire croire qu’il s’appelle «Céleste» !
16 Ceci explique le style romain de la synagogue de Capernaum, construite vers 60 ap.JC… pour faire taire
l’opposition !
17 Le terme «Fils de l’Homme» a été «consacré» par la tradition. Dans le contexte culturel de l’époque cela signifiait «L’homme ordinaire». La théologie et les théologiens n’en manquent pas une pour diviniser Jésus fils de Marie.
18 Ou la vente :une des raisons de la réforme qui lutait contre la marchandisation du salut pour construire StPierre.
19 Inspirée par toutes les spiritualités en usage au amoyen Orient, de la Perse à la Grèce.
20 En fait depuis le 15e siècle et les mouvements réformateurs.