CBOV 2026, C’est quoi une parabole?


Le mot “parabole” vient du grec (παραϐολή, parabolê) et signifie simplement “comparaison” – ou plus précisément “jeter à côté.” Mais le mot peut aussi être utilisé pour dire : “rencontre, choc (dans la bataille), projection (rayons du soleil)”. En hébreu, le mot correspondant est מָשָׁל (mashal) et peut se traduire par “proverbe, sentence, comparaison, énigme, allégorie”.

Il s’agit d’un procédé rhétorique qui consiste en un

“court discours symbolique et imagé, qui prend la forme d’un récit énigmatique. […] [Les paraboles] servent à exprimer des réalités qui dépassent les catégories de la sensibilité ou de l’intelligence humaine. […]

La parabole est un art de raconter des histoires en faisant appel à l’intelligence et à l’imagination des auditeurs à qui le récit s’adresse. […] Le plus souvent, il s’agit d’histoires poétiques et pédagogiques, empreintes d’éléments concrets de la vie quotidienne de ses interlocuteurs.”[1]

Jésus n’est pas l’inventeur des paraboles, mais il les utilise très régulièrement pour enseigner. Elles sont de nature assez variées, certaines racontent des histoires assez longues avec une intrigue complexe, d’autres se résument à une simple phrase utilisant une image ou un exemple de la vie quotidienne (un grain de moutarde, la situation des esclaves, les différentes classes sociales, l’agriculture…). Certaines sont introduites par une comparaison explicite avec le Royaume, d’autres non.

Le point commun est d’utiliser dans chaque parabole,  un exemple, une image de la vie quotidienne, qui invite à saisir une vérité sur le Royaume/la vie aux côtés de Dieu, qui de prime abord n’est pas évidente. La parabole sert à capter l’attention mais aussi à décaler notre regard sur ce qu’on croyait comprendre du monde et de Dieu.

C’est un outil pédagogique que Jésus utilise volontiers parce qu’il permet de questionner ses interlocuteurs pour “les amener à rechercher la vérité par eux-mêmes”. C’est pourquoi la plupart des paraboles de Jésus proposent une fin ouverte et n’offrent pas d’explications (à quelques exceptions près, dont l’un des textes de notre semaine).

La parabole est un type de langage qui permet de rester dans le registre de la suggestion et de l’ouverture, ce qui me semble plus qu’approprié pour parler de la foi et de Dieu. Les paraboles gardent une part de mystère dans leur interprétation, et c’est l’objectif principal : elles révèlent et disent quelque chose de Dieu, du Royaume, de la foi, de l’espérance et de l’amour, mais elles ne disent pas tout – à chacun·e de compléter avec son cœur !

Les paraboles demandent une prise de position de notre part, contrairement à d’autres formes d’enseignements et de discours, parce que, sans notre écoute engagée, elles deviennent lettre morte (c’est pour ça que Jésus dit “Qui a des oreilles, qu’il entende !”).

La parabole convient donc bien à l’image de la randonnée : elle nous invite à un détour sur le chemin de nos vies. Des détours qui, en fait, n’en sont pas puisque ce sont dans ces à-côtés que l’Essentiel se dévoile.

Finalement, pour parler de concepts complexes comme la foi, l’espérance et l’amour, la parabole est un outil parfait : elle permet de les ramener à la réalité de la vie quotidienne, tout en nous déplaçant dans ce qu’on croyait savoir et comprendre de ces concepts.

Renvoi au dossier théol de 2006 :

https://cbov.ch/wp-content/uploads/2018/01/DT-2006-Paraboles-du-royaume.pdf

(p. 15 à 19). On y trouve d’ailleurs en p.21 un bref commentaire de la parabole du bon grain et de l’ivraie.

Autres ressources :

Nina Jaillet


[1] https://www.prixm.org/articles/les-paraboles-de-jesus-dans-les-evangiles

CBOV 2026, C’est quoi une parabole?
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