CBOV 2026, Les méandres de l’AMOUR


Toujours de quoi se réjouir d’aimer aimer !
Il y en a que nous avons oubliés dans nos explications exhaustives issues du grec et mis en pratique de diverses manières de nos jours … et avant ! :

«L’amour platonique» et «l’amour courtois»
Il n’en est pas question dans la Bible, quoi que… à cause de l’absence de Platon et des romantiques chez les patriarches . Mais ils sont présents dans toutes les dissertations sur l’amour, faute de quoi le prof de philo enlève un point.
C’est aussi l’expérience de l’amour de l’écolier pour sa maîtresse, raisonnablement inaccessible, ou de l’adolescent.e épris.e d’un autre, qui est notablement amoureux d’un.e autre… donc on reste «bon copains» en attendant que le vent tourne.
C’est l’admiration sincère pour le/la membre d’un groupe de travail, de sport, de cercle social. Il/elle est admiré.e pour ses qualités intellectuelles, esthétiques, son engagement commun, ses a-priori politiques ou sociétaux. (on peut être amoureux platoniquement d’une journaliste, d’un animateur de télévision, voir d’un acteur de théâtre, ou de son/sa pasteur.e!) Il n’est pas nécessaire de se rencontrer physiquement, mais on peut toujours fantasmer, sans effets secondaires si le doux rêveur n’est pas un malade obsédé.
Le texte de 1Cor:13 va certainement prêter l’interprétation de toutes les possibilités, à cause même de la traduction d’Agapè (ἀγάπη) simplement par «amour».
Mais les textes annexes que nous proposons de travailler parallèlement éclairent naturellement l’évidence que Paul nous propose un amour «performant» et non pas un amour sentimental et personnel, voir égoïste. (Le samaritain secourable, les ouvriers de la 11e heure, les guérisons etc.)

Les mises en perspectives ci dessous2 complètent les informations déjà partagées au cours de la 1e journée de préparation et les PV qui y sont consacrés.

Ces distinctions sont fondamentales en philosophie et en théologie, et leurs nuances varient selon les époques et les auteurs.

1. Agapè (ἀγάπη)
• Origine : grec ancien, utilisé dans la Bible (Nouveau Testament) pour désigner l’amour divin ou désintéressé.
• Caractère : amour altruiste, inconditionnel, sacrificiel, sans attendre de retour.
• Exemple : l’amour de Dieu pour l’humanité, ou l’amour fraternel chrétien.
• Contexte : central en théologie chrétienne.
2. Philia (φιλία)
• Origine : grec ancien, utilisé par Aristote dans L’Éthique à Nicomaque.
• Caractère : amour de l’amitié, fondé sur la réciprocité, la confiance, le partage de valeurs ou d’intérêts.
• Exemple : l’amitié profonde entre deux personnes, l’amour fraternel ou civique.
• Contexte : philosophie antique, éthique des vertus.

3. Amour platonique (non un terme grec ancien, mais une interprétation postérieure)
• Le terme grec pour l’amour platonique est ἐρωτικός (erôtikós), dérivé de ἔρως (éros), qui désigne l’amour passionné ou désirable. Dans le contexte philosophique de Platon, notamment dans le Banquet, l’éros évolue vers un amour spirituel et intellectuel, transcendant le désir physique — ce qu’on appelle aujourd’hui « amour platonique ».
• Origine : dérivé de la pensée de Platon, notamment dans le Banquet.
• Caractère : amour spirituel ou intellectuel, qui transcende le désir physique pour viser la beauté, la vérité ou la sagesse.
• Exemple : un amour idéal, non charnel, souvent entre deux âmes qui se reconnaissent dans la quête du bien.
• Contexte : philosophie, littérature, culture moderne.
Ce concept n’est pas un terme technique grec ancien à l’origine, mais une interprétation postérieure de la pensée platonicienne. En grec moderne, on peut aussi utiliser πλατωνική αγάπη (platonikí agápi) pour désigner explicitement « l’amour platonique ».
Remarque : L’« amour platonique » ne correspond pas exactement à un des trois termes grecs classiques (éros, philia, agapè), mais se rapproche parfois de l’éros sublimé.
Résumé comparatif entre les types d’amour
Type, Époque, Nature, Relation au désir physique
Agapè, Antique / Chrétien, Altruiste sacré, Absent (ou transcendé)
Philia, Antique, Amical réciproque, Absent
Amour platonique, Moderne (interprétation de Platon), Spirituel intellectuel, Absent
Amour courtois, Moyen Âge, Idéal chevaleresque rituel, Sublimé souvent refoulé
«L’amour courtois» : est un idéal amoureux médiéval, développé principalement entre le XIe et le XIVe siècle dans la culture des cours d’Occident (notamment en France du Sud, en Provence, en Angleterre et en Allemagne).
Origine et contexte
• Époque : Moyen Âge (XIe–XIVe siècles)
• Lieu : Cour des seigneurs, particulièrement en Occitanie (troubadours) puis en France du Nord (trouvères)
• Inspirations : Parfois influencé par la poésie arabe andalouse, mais surtout par les valeurs chevaleresques et chrétiennes de l’époque.
Caractéristiques de l’amour courtois
1. Amour non réciproque et interdit
• Souvent adressé à une dame mariée, inaccessible, souvent de rang supérieur.
• L’amour est vécu comme une quête, un service, voire une souffrance.
2. Idéalisation de la dame
• Elle est considérée comme un être supérieur, presque divin.
• Son amour est une récompense méritée par la loyauté, la bravoure, la poésie.
3. Sublimation du désir physique
• Le désir charnel est souvent refoulé ou sublimé en admiration spirituelle.
• L’amour courtois peut être vu comme une forme d’amour platonique médiévale, mais avec une dimension plus sensuelle et rituelle.
4. Rituel et codes
• Respect des règles de la courtoisie : discrétion, dévotion, humilité.
• Expression poétique (poèmes, chansons, lettres).
Exemple célèbre
• Tristan et Iseult : amour interdit, passionnel, tragique, emblématique de l’amour courtois.
• Les troubadours : poètes comme Guilhem de Peiteus ou Bernart de Ventadorn chantent l’amour pour leur dame.
En résumé
L’amour courtois est un amour idéalisé, rituel, souvent non consommé, porté par un chevalier pour une dame inaccessible. Il mêle dévotion, poésie, souffrance et quête de perfection — et a profondément influencé la littérature et la conception de l’amour en Europe.
Une des oeuvres emblématique de la littérature française est «Manon Lescaut» de l’Abbé Prévost, qui va du Paris (proche des tendances «Epstein») à la Louisiane, terre d’asile, permettant un rééquilibrage des relations affectives.

1 Fleuve d’Asie Centrale.
2 Demandés à EURIA, décidément une IA assez bonne en philosophie et enb théologie !

Bernard van Baalen, Equipe théologique 26.02.26

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